Visite guidée de la sacristie, la salle capitulaire et la chapelle jeune Foucaude dans la cathédrale Saint-Vincent.
Chalon-sur-Saône · à 6 km
Cette visite est inédite : elle correspond aux parties de l'édifice en cours de restauration en 2026,exceptionnellement ouvertes à l’occasion des Journées du Patrimoine. La sacristie Cet espace, peu connu du grand public car réservé à l’usage de la paroisse fut à l'origine, vers 1230-1232, la chapelle Sainte-Catherine, fondée par Artaud de Varennes. Elle devînt ensuite la sacristie des chanoines, puis en 1870 la chapelle de l'Immaculée Conception avant de devenir la sacristie de la cathédrale en 1985. Les décors peints et les vitraux conservés ont essentiellement été réalisés alors que le lieu était la chapelle de l’Immaculée conception, et ils sont entièrement dévolus à l’évocation de la Vierge. Le style ici, est celui de l’art sulpicien, qui correspond à un renouveau de la religion catholique au XIXe siècle, que l’on trouve dans des édifices comme le Sacré-Cœur de Montmartre à Paris ou, plus proche de nous, Notre-Dame de Fourvières. Il est d’ailleurs à noter que la sculpture de la Vierge, représentée ici seule, conformément au culte de l’Immaculée conception, est l’œuvre de Joseph Hugues FABISCH (1812-1886), qui réalisa également les sculptures de la Vierge Marie de Notre Dame de Fourvières et , localement, de la chapelle de la Citadelle à Chalon-sur-Saône. Au départ, cette chapelle communiquait directement avec le chœur (comme c’est désormais à nouveau le cas grâce à l’ouverture recréée en 2025). La restauration a ici essentiellement consisté en un nettoyage du décor existant : voûte (qui ont révélées des tons pastels avec des couleurs vertes et bleues/ mauves), colonnes richement décorées de couleurs vives, murs sur la partie ouest. Un fragment de frise décorative a été partiellement retrouvé sur le mur attenant au chœur, et restitué sur la totalité de celui-ci. La salle capitulaire À l’origine, vers 1230, la salle capitulaire, lieu de réunion des chanoines qui assistaient l’Évêque au quotidien, était deux fois plus haute que la pièce actuellement visible. Les chanoines la firent couper en deux afin de loger leurs archives en partie supérieure ; à cette occasion, ilsfirent réaliser les quatre croisées d’ogives qui retombent avec élégance sur un pilier central sans qu’il n’y ait d’interruption du mouvement par un chapiteau (voûte dite à pénétration). Les arcs retombent sur des culots sculptés au XVe siècle représentant des prophètes dont les formes sculpturales et les visages inspirés rappellent les plus beaux élans de la sculpture bourguignonne du moment (époque des Ducs de Bourgogne Valois et de la création de leurs tombeaux, entre autres). Dans ce lieu, ont été découverts et remis en valeur à la faveur des restaurations :- le décor polychrome des clés de voûtes représentant les blasons de Saints patrons de la cathédrale,- des traces de Fleurs de Lys médiévales, - des inscriptions du XVIe siècle, en cours de déchiffrage, qu’il a été décidé de conserver. La chapelle jeune foucaude Élevée au XVIe siècle, la chapelle « jeune Foucaude », possède des voûtes décorées de liernes, tiercerons (éléments décoratifs sur la voûte) et clés pendantes typiques du gothique flamboyant. Grâce à la restauration, au nettoyage des pierres, on découvre que les traces de a Renaissance sont pourtant bien sensibles, notamment dans le décor sculpté des clés pendantes, qui représentent des angelots dans des édifices rappelant des temples et constructions inspirés de l’architecture gréco romaine. C’est aussi dans cette chapelle que se trouve le plus ancien vitrail conservé dans la cathédrale. Il s’agit d’une représentation, à la grisaille et au jaune d’argent, de la femme de l’apocalypse selon la vision de Saint Jean (représenté à gauche). Il est attribué à l’Atelier de Grégoire Guérard, peintre hollandais de renom, habitant Tournus en 1518. Démonté, pour le préserver, au cours de la seconde guerre mondiale, puis restauré et reposé après guerre, il conserve environ un tiers des verres d’origine. Le remplage de pierre de ce vitrail, de style classique, avec un arc commençant à l’intérieur et se poursuivant à l’extérieur de la chapelle (on y accède par une courette) témoigne d’une connaissance excellente de l’art de la stéréotomie (agencement des pierres taillées)